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interview pour tribumove

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Sév
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PoissonsTigre
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MessageSujet: interview pour tribumove   Lun 7 Jan - 12:31

Quelle expérience as-tu tiré des quatre ans passés avec le groupe Alliage ?

(Rires) Que de bonnes choses ! J'ai beaucoup appris et je me suis fait connaître. De Marseille, je suis monté à Paris, où je passais des auditions sans succès... Jusqu'au jour où j'ai pu me présenter à Gérard Louvin et Daniel Moyne. Je voulais faire une carrière solo et ils m'ont
dit : "Ok par la suite, mais d'abord on veut créer un groupe". J'ai appris le boulot, le professionnalisme, la dureté du travail, et le milieu. Si c'était à refaire, je le referais !

Pourquoi cela s'est-il arrêté ?

J'ai été pris dans un tourbillon de succès où je me suis perdu moi-même. A la sortie du 3ème album, la direction musicale ne me convenait plus. Les autres membres du groupe pensaient qu'ils étaient rock-pop... Il n'y avait plus de respect du public : je voulais faire rêver ce public, les gens qui payent doivent en avoir pour leur argent, ils ont besoin de voir ce qu'ils voient à la télé et je ne veux pas mêler la scène à la réalité. Je n'aime pas les gens qui montent sur scène avec leurs chaussures dégueulasses, qui s'en foutent. J'étais vraiment malheureux malgré le succès, mais j'ai dit stop ! Je sais que ça ne se fait pas à la sortie d'un album de planter une équipe, de tuer la poule aux œufs d'or. De toutes façons, j'ai payé les pots cassés ! Dans le métier, plein de gens m'en ont voulu, mais je pars du principe que je vis pour moi. J'ai vécu 4 ans pour les autres et à la fin je me forçais. Pour moi sur scène tout doit être parfait et comme on en était loin, je suis parti en plein concert : les autres parodiaient Alliage, singeaient leur chorégraphie, ne suivaient pas leur playback, j'ai donc posé mon micro. Mais c'est moi qui ai fini le concert tout seul. Je regrette la fin, je n'aurais pas du arrêter comme ça. Avec plus de maturité, j'aurais fait autrement, mais c'est mon côté impulsif, qui dans ce métier est une qualité. Je dis ce que je pense même si cela me fait du tort, mais les gens m'apprécient aussi pour ça.

Qu'as-tu fait depuis l'arrêt de cette aventure ?

J'ai travaillé avec plein de producteurs, mais je voulais trop être à la mode et quand ça devait sortir, c'était déjà démodé ! J'ai tout essayé : la tendance R'n'B oriental, les frères Nacash... Je voulais trop surfer sur une vague : je cherchais, et les autres aussi, à faire du Alliage réchauffé. Certains voulaient faire un one shot (Ndlr : un tube), mais ce n'est pas ce que je voulais... Je suis donc parti à New York. Pour me dégager du phénomène de mode, je voulais travailler avec des gens neutres qui ne me connaissaient pas du tout.


Comment as-tu enregistré "We are family" le single dédié aux victimes du 11 septembre ?

En fait, j'étais à New York quand c'est arrivé et j'habitais près du World Trade Center. J'ai été très choqué, mais j'étais aussi super fier d'être là parce qu'en France on ne m'aurait pas permis de le faire... Ici, aucun boys band n'a été invité au Sidaction, aux Restos du Cœur, à cause de l'image. Ca m'a beaucoup blessé et pourtant pour une cause plus il y a de noms, mieux c'est ! Il faut faire partie du clan Goldman-Obispo-Zazie pour y participer. On devrait d'abord faire passer les chanteurs, même si je suis content pour des gens comme Mimi Mathy ou des top models. Pour le Sidaction, les maisons de disques ont dit : "Il ne faut pas associer Alliage avec le Sida ! ". C'est dommage car on aurait pu monter une tournée Alliage-2Be3-Worlds Apart et on aurait rempli des Zéniths. Même pour la Gay Pride, personne ne voulait se mouiller, alors qu'à l'étranger, les artistes y font des concerts. Aujourd'hui la Gay Pride s'ouvre aux hétéros, aux bis, les maisons de disques devraient investir et créer des concerts.
Pour l'enregistrement de "We are family", Spike Lee m'a placé entre Diana Ross, Macy Gray, Faith Evans, Patti Labelle et Chanté Moore. Tous ces gens ont mis leur ego de côté : moi j'hallucinais d'y être ! Aux Etats-Unis, j'ai été demandé par Nile Rodgers, simplement pour avoir un nom de plus, et il était fier que je sois là. C'est dommage qu'en France ce soit l'inverse.

Comment as-tu rencontré l'équipe avec laquelle tu as travaillé sur ton nouveau single ?

J'ai d'abord fait la rencontre de Christian Moeyaert, mon producteur : il ne savait pas qui j'étais, ce que j'avais fait. Il m'a présenté à Catherine Saxton, publiciste à New York qui fait la pluie et le beau temps et qui s'occupait de Lady Di et de Madonna. Il a alors organisé une rencontre avec Nile Rodgers, Ernie Lake et Catherine Saxton. Ernie Lake m'a fait écouter "Always the last" dont il était le co-auteur avec Marjorie May, auteur fétiche de Céline Dion. J'ai beaucoup aimé cette chanson, plutôt destinée à une fille, mais qui correspondait à ma vie à ce moment-là : l'histoire d'une rupture, d'un mec qui se fait larguer, les mecs ont beaucoup de mal à en parler alors qu'ils souffrent aussi... Je ne devais pas rater ce rendez-vous, car ce sont des gens qu'on approche qu'une seule fois. J'ai convaincu Nile Rodgers de travailler avec moi dans une salle remplie de Disques d'Or, ceux de Madonna, Cyndi Lauper, David Bowie, Sister Sledge, Diana Ross et entouré de ses avocats et attachés de communication. Il m'a dit : "La dernière personne que j'ai vue avec cette rage et cette envie de réussir était assise ici même il y a quinze ans et c'était Madonna !".


Etiqueté "boys band", ton retour en France n'est pas pas facile, est-ce la raison pour laquelle tu as travaillé aux Etats-Unis et en anglais ?

J'avais surtout envie de travailler avec des gens qui ne jugent pas les autres, des gens restés simples alors qu'ils sont dix fois plus réputés que des Français qui écrivent des chansons et qui ne m'ont jamais accordé un rendez-vous. Les Etats-Unis sont le seul pays où tu peux partir de rien... Le rêve américain existe ! J'ai eu peur qu'en France on me dise ça fait boys band : seuls les artistes installés peuvent chanter des conneries. Souvent il est aussi plus facile d'exprimer les sentiments en anglais. Et puis cela me permettra d'atteindre un plus gros marché : les pays scandinaves, les Pays-Bas, l'Allemagne... J'attends les réactions, même si certains me disent déjà : "Mais pour qui il se prend à chanter en anglais !". Mais moi, je crois à ma deuxième chance en France !


Y-a-t-il un album en préparation ?
Oui, avec des titres pop R'n'B, des titre R'n'B soul, comme le single et des chansons plus rapides groove pop.


Qu'apprécies-tu comme style de musique ?

J'aime beaucoup Brandy, ainsi que ses remixes, Mary J. Blidge. J'écoute également Deborah Cox et Chanté Moore.

Y-a-t-il des gens, producteurs ou artistes avec lesquels tu aimerais travailler ?
Je voudrais des remixes de Victor Calderone pour le côté tribal. Au niveau visuel, le Cirque du soleil et au niveau chorégraphique, Malika une américaine qui travaille avec Will Smith.

Sur scène, tu interprètes ton titre avec des danseuses sur une chorégraphie de Kamel Ouali de "Star Academy". Es-tu soucieux de l'entretien de ta forme physique qui va plaire à nos lecteurs ?

(Enormes rires). Kamel est un ami d'enfance, on prenait des cours de danse ensemble. J'ai adoré travailler avec lui, il fait des choses superbes. En ce qui concerne mon look, je fais du sport : de la musculation, de la boxe française, de la natation, du jogging. Mais je ne fais pas ça pour enlever mon tee-shirt en boîte ! (Rires). Je ne prends pas de produits, je ne veux pas ressembler au bonhomme Michelin (Rires). Mais je sais que ça plait : j'aime les choses belles, je suis un esthète. Les gays aiment les images, ils ont le sens du goût : ils ont fait de Madonna, Dalida, Farmer et Alizée des icônes. Les gamines et les teenagers hétéro ont les mêmes goûts que les gays


Vises-tu aujourd'hui les gays, car l'un de tes remixes est signé Michael Kaiser, l'un des rois des nuits gays parisiennes ?

La discrimination commence si un artiste répond : "Je vais viser les gays !". Il y a des chanteurs qui font exprès des chansons pour les gays afin de redresser leurs ventes. Si tu t'investis pour cette cause, il faut le faire à fond : tu prends le drapeau, tu vas à la Gay Pride, tu fais le Sidaction... En Province, les gens ne comprennent pas les chansons comme "Adam et Yves", ça ne suffit pas ! Il ne faut pas faire ça pour le marketing comme Renaud, qui après 15 ans d'absence revient avec une chanson pour être branché. C'est une insulte à l'intelligence des gens, des gays ! Même si les gays ont lancé la techno, la house, aujourd'hui c'est pour tout le monde. Je veux plaire aux gens qui aiment la chanson, la musique, qui sont touchés par mes mots. Et surtout que ça me plaise à moi, au public et aux gens qui m'ont collé une étiquette !

Tu te produiras à l'inauguration de "My Beautiful Megastore", le premier rayon gay et lesbien multiproduits de Tribu Move. Est-ce important pour toi d'adhérer à cet événement ?

Bien sûr, sinon je ne le ferais pas ! C'est super important, je suis très fier de le faire. Je suis fier parce qu'il n'y a pas assez de gens qui ont les couilles de le faire ! Ils ont peur et se disent : "Si je fais ça, je vais être grillé !" Je le fais pour rendre la monnaie de la pièce, parce que je suis en couverture de Tribu Move, ce superbe magazine. A ma manière je vous soutiens également. Les artistes regardent la presse gay de haut, ils préfèrent faire la couverture de "Première" ou de "Télé 7 jours" alors que personnellement je suis content d'être chez vous !

Thierry Calmont


source
http://misterlove85.skyrock.com/14.html
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BalanceChien
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MessageSujet: Re: interview pour tribumove   Mar 8 Jan - 16:24

je dis tout simplement chapo pour ces reponses!!!!! :face:
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PoissonsTigre
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MessageSujet: Re: interview pour tribumove   Mar 8 Jan - 21:49

ouais il est trop adorable
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PoissonsChien
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MessageSujet: Re: interview pour tribumove   Jeu 20 Mar - 14:45

merci pour le resume c'est tres sympa
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PoissonsTigre
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MessageSujet: Re: interview pour tribumove   Jeu 20 Mar - 16:40

de rien miss
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